Failure does not mean the same thing in sport and in the business world

Leadership: un échec est un échec.

Leadership: un échec est un échec. 1024 614 Bruno Sireyjol

Vous avez sans doute vu et peut être réagi à la vidéo de Giannis Antetokounmpo répondant à la question d’un journaliste sur le bilan de la saison des Bucks : «doit-on considérer la saison des Bucks comme une échec ». Oui, Monsieur le journaliste, vous n’obtenez pas une promotion tous les ans et ce n’est pas pour autant que votre carrière est un échec. Oui, les échecs sont des petits pas vers le succès. Oui, il faut accepter les bons comme les mauvais jours. Poncifs.

Si les valeurs du sport, ses normes et ses croyances peuvent être inspirants – poncif  encore -, l’univers du business est bien différent. Il manque un élément essentiel dans le commentaire « bienveillant » – poncif toujours – d’Antetokounmpo : quels étaient le plan et l’objectif ? Meilleure équipe de la saison régulière et favoris pour le titre, ils ont été éliminés dès le premier tour des play-offs. À moins que l’objectif fût de gagner un match sur 5, n’est-il donc pas légitime par conséquent d’oser demander si leur saison est un échec? « Of course, it is ».

Comme l’est tout autant le parcours de l’équipe de France de rugby, n’en déplaise à ceux qui se sont enthousiasmés de la « prise de hauteur » de Fabien Galthié après la défaite contre l’Afrique du Sud. Rappelons en passant que le bon général ne se coupe jamais de ses troupes dans la défaite. Surtout quand la passion d’un capitaine pour la victoire et sa quête de justice appellent empathie et compassion, pas un débat contradictoire en public. Parenthèse fermée.

 

L’échec est un évènement, la résilience est une compétence :

 

Nous rappelions dans notre article sur « Shoe Dog » de Phil Knight comment passion et résilience sont les deux caractéristiques primaires des entrepreneurs et des leaders qui réussissent. Être en chemin, tomber et se relever est un processus.

Au-delà des slogans exaltés et des citations hors contexte, il est temps d’ôter les lunettes teintées de rose et de se confronter une réalité inconfortable de l’entreprise : l’échec est un échec. Ne pas atteindre ses objectifs est un échec. Il convient donc de distinguer l’évènement brut du processus d’amélioration, le constat abrupt de la culture d’acceptation, la porte dans la figure de la capacité physique et psychologique à rebondir.

Le discours prédominant présente l’échec comme une pierre angulaire du succès, un mal nécessaire sur le chemin de l’amélioration. Abordons la vérité crue : l’échec n’est pas un simple hoquet dans le grand schéma de la progression. Lorsque nous échouons dans le monde de l’entreprise, nous n’émergeons pas plus forts ou plus sages. Nous sommes confrontés au doute, parfois à la limite de nos capacités, et au fossé immense qui sépare la théorie de la vraie vie. Quel candidat arborerait fièrement un badge estampillé « échec » sur son profil LinkedIn ?

 

 

Les valeurs d’entreprise ne sont pas celles du sport :

 

La performance est mentionnée en premier en tant que valeur d’entreprise par 85% de nos clients. Cela signifie que l’obtention des résultats est une priorité absolue et que les décision sont prises en fonction, n’en déplaise aux bigots de la bienveillance. Ces décisions donnent lieu, au mieux à un coaching ad ’hoc et reconnaissons ici que des techniques issues du sport telles que le feedback constructif ou la visualisation positive ont toute leur place en entreprise. Au pire, elles mènent à des sanctions, voire des séparations. Peu de place ici au grands discours sur l’échec comme facteur de motivation.

L’échec en entreprise n’est pas un accessoire glamour de la performance. La culture de la performance se marie mal avec la glorification de l’échec. Aussi, l’échec doit y être nommé et accepté comme tel au regard des objectifs chiffrés et des échéances définies. Si vous le concevez différemment, on ne vous manquera pas de vous le rappeler. Et c’est normal. Si l’échec n’existe pas, alors tout est permis : complaisance, déresponsabilisation, inattention aux résultats, ou à l’inverse, prise de risque inconsidérée.

En revanche, l’entreprise peut et devrait s’inspirer des valeurs du sport, notamment pour gommer les excès – autoritarisme, individualisme ou anxiété – que sont susceptibles de générer une culture d’entreprise et des valeurs hypertrophiées axées uniquement sur la performance. Encore faut-il que ses valeurs ne restent pas aspirationnelles. Culture et valeurs ne se décident ni se déclarent. Elles se construisent sur le long terme. Si les mythes et légendes qui les sous tendent font parfois référence à des échecs cuisants dont l’organisation s’est relevée, culture et valeurs sont issues d’un processus bien plus complexe en entreprise que pour un 5 de départ au basket.

 

Arrêtons de croire que la perception et la gestion de l’échec dans le sport sont transposables au monde de l’entreprise. Admettons que l’échec dans le monde professionnel doit être nommé et reconnu différemment. C’est à ce prix que nous pouvons créer d’une part un dialogue honnête sur la performance et le succès, et travailler d’autre part sereinement sur sa gestion, qu’il s’agisse de l’art de maîtriser les conversations difficiles ou d’acquérir les compétences de leadership qui comptent, pas celles d’entraîneur.

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